Alors que le monde se précipite pour réaliser des avancées dans les dernières inventions et innovations de l'intelligence artificielle, peu d'attention est accordée à la sécurisation de son utilisation et à la réduction de ses risques pour l'homme, considérant que l'IA rivalise aujourd'hui avec l'humain dans le domaine de la pensée, ce qui était autrefois une caractéristique unique de l'homme.
Nous avons abordé cette problématique avec l'expert algérien en IA chez Porsche en Allemagne, le Dr Chawki Esmahi, qui a déclaré à Echorouk : « Depuis la révolution industrielle, l'objectif de la technologie était de réduire l'effort physique pour l'homme, mais aujourd'hui nous faisons face à une révolution différente. L'IA ne réduit pas seulement la fatigue, elle partage notre pensée, notre créativité et même la création des émotions. Nous sommes entrés dans une phase sans précédent que nous pouvons appeler « l'ère quantique sociale », où la vérité n'est plus absolue mais relative, et la confiance n'est plus stable mais fragile et s'effondre rapidement. »
Le Dr Esmahi ajoute que le danger réside dans le fait que les algorithmes ne sont plus neutres ; ils sont basés sur les sciences de la psychologie, du comportement et du marketing, ce qui les rend capables d'influencer la conscience collective et de créer une « ignorance organisée » via la désinformation numérique. Le problème est que des générations entières ont grandi avec une faible immunité intellectuelle en raison de la marginalisation de la philosophie et de la pensée critique dans l'éducation, ce qui les rend plus vulnérables aux intrusions numériques et à la manipulation émotionnelle.
Le Dr Esmahi donne un exemple concret dans le secteur automobile, où des entreprises comme Porsche investissent dans des systèmes intelligents qui surveillent le conducteur et interagissent avec son état émotionnel. L'IA peut lire les émotions du conducteur (stress, fatigue, concentration) et s'adapter en conséquence. La voiture n'est plus simplement un moyen de transport, mais un espace où l'humain et la machine se croisent. Ici, le Dr Esmahi pose la question : « Ces systèmes sont-ils de simples assistants, ou des partenaires dans la prise de décision et peut-être dans la formation de nos émotions ? »
Selon le Dr Esmahi, ce dont nous avons besoin aujourd'hui n'est pas de rejeter l'IA, mais de construire une immunité intellectuelle qui nous protège de ses risques. Cette immunité commence par l'éducation, intégrant la technologie à la philosophie et restaurant la valeur de la pensée critique pour garantir que nous soyons partenaires dans la construction du futur, et non de simples consommateurs de l'imaginaire produit par les algorithmes.
Il ajoute que la transition des algorithmes classiques déterministes vers l'IA contemporaine n'est plus un simple outil technique, mais est devenue un acteur culturel et idéologique. L'IA a conduit à l'émergence d'une « imagination hybride » entre l'humain et la machine, et est entrée pour la première fois dans le domaine de la création des émotions. Par conséquent, la vérité et la confiance sont devenues relatives et fragiles.
Le Dr Esmahi a évoqué la différence entre les pays producteurs de technologie et les pays consommateurs, concluant que les risques liés à la consommation des technologies d'IA sans conscience sont très élevés. Ces technologies sont créées en se basant sur la culture et la pensée des pays producteurs, ayant donc des objectifs et des finalités que les consommateurs peuvent ne pas comprendre, souvent incapables de les saisir. Cela souligne l'ampleur du danger. Il conclut que la prévention des risques, tant pour les pays producteurs que consommateurs, réside dans la construction d'un nouveau modèle éducatif intégrant la technologie à la philosophie afin de renforcer l'immunité intellectuelle et garantir un équilibre entre la créativité artificielle et le sens humain.
Les pays producteurs comprennent les risques de l'IA et contrôlent ses trajectoires, tandis que les pays consommateurs se contentent d'importer, s'exposant à une perte de lien avec la réalité et à une immersion dans des mondes artificiels, pouvant même sombrer dans l'ignorance via des algorithmes biaisés qui ne sont pas neutres mais intégrés aux sciences humaines (psychologie, comportement, marketing). Ils peuvent pénétrer la conscience collective et remodeler les désirs et les peurs, surtout si les pays consommateurs ont une faible immunité intellectuelle face aux technologies d'IA.
En conclusion, le Dr Esmahi a confirmé que l'IA est devenue un acteur culturel et idéologique qui remodèle la conscience collective et l'émotion humaine. Si l'immunité intellectuelle des sociétés consommatrices de technologie est faible, cela conduira à la fragmentation des liens sociaux due à l'isolement numérique.
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