Après l'attaque, la marine israélienne est passée de la stagnation à la restructuration, remplaçant l'ancienne politique de « confinement et dissuasion » par une nouvelle approche basée sur des frappes préventives, une défense en couches et une flexibilité opérationnelle, selon le Jerusalem Post.

Le journal a rapporté que l'attaque surprise lancée par le Hamas le 7 octobre 2023 a forcé Israël à réévaluer radicalement son système de défense navale, une transformation décrite comme pouvant offrir des leçons importantes à la marine américaine.

Changement stratégique

Le rapport explique que les combattants du Hamas qui ont atteint la plage de Zikim, dans le sud d'Israël, ont révélé des failles de sécurité inattendues après avoir ciblé le kibboutz Zikim, des installations militaires et une centrale électrique proche de la frontière.

Il ajoute que la marine israélienne, comme les autres branches de l'armée, n'était pas préparée à ce type d'attaque multi-fronts, bien qu'elle ait « réussi à empêcher une catastrophe plus large ».

Selon l'article, le Hamas utilise la mer depuis des années comme canal de contrebande d'armes et moyen de manœuvre, ses bateaux se mêlant à la flotte de pêche civile de Gaza et récupérant des cargaisons larguées en mer.

L'armée israélienne avait autorisé certaines violations limitées dans les eaux interdites, pensant que le Hamas n'escaladerait pas.

Le journal a noté que cette indulgence militaire ressemblait au comportement d'Israël à sa frontière nord avec le Hezbollah, où des provocations limitées, y compris l'installation d'une tente « à l'intérieur du territoire israélien » près des fermes de Chebaa, étaient ignorées pour éviter une confrontation ouverte. Mais le 7 octobre a renversé ces hypothèses.

Failles critiques et reconstruction de la doctrine

La marine israélienne est passée de la stagnation à la restructuration, remplaçant l'ancienne politique de « confinement et dissuasion » par une nouvelle approche reposant sur des frappes préventives, une défense en couches et une flexibilité opérationnelle.

Avant l'attaque, la stratégie navale se concentrait sur les patrouilles de routine et la protection des plateformes gazières offshore dans le nord contre les menaces du Hezbollah, mais cela a radicalement changé après la guerre.

Les navires « Sa'ar 6 » équipés du système « Dôme de fer naval - C-Dome » protègent désormais ces plateformes, devenant des forteresses flottantes vitales pour la sécurité énergétique d'Israël.

Une clôture radar, des drones et des tours de surveillance ont été déployés le long de la côte de Gaza pour empêcher des incursions similaires à l'attaque de Zikim.

Des unités navales israéliennes ont été redéployées en mer Rouge pour faire face aux menaces des drones et missiles houthis, en coordination avec les États-Unis et d'autres pays partageant les mêmes voies maritimes.

L'attaque a révélé trois failles fondamentales dans la doctrine navale : une dépendance excessive aux défenses fixes créant un faux sentiment de sécurité, une faible intégration du renseignement et de l'alerte précoce, et un déploiement naval efficace limité, avec seulement cinq patrouilleurs couvrant la côte de Gaza le matin de l'attaque et aucun navire missile à proximité.

Le Hamas a exploité ces failles avec une « attaque soudaine sans avertissement » reposant sur la surprise via des bateaux, des drones ou des unités de commandos marins.

Leçons pour la marine américaine

Le Jerusalem Post a souligné que la marine américaine fait face à des défis similaires, que ce soit en mer Rouge contre les drones et missiles houthis ou dans les océans Indien et Pacifique où les ports et bases avancées pourraient subir des attaques simultanées perturbant les défenses traditionnelles.

Parmi les leçons pour les États-Unis : la nécessité de se préparer à des attaques massives ciblant ports, plateformes gazières et corridors énergétiques ; l'utilisation de moyens défensifs à faible coût comme la guerre électronique, les lasers et les ondes électromagnétiques à haute énergie en complément des systèmes d'interception coûteux ; considérer les infrastructures maritimes comme des points stratégiques nécessitant des défenses mobiles et multicouches incluant des navires sans équipage ; développer des mécanismes de ravitaillement et de soutien sur le terrain pour les navires éloignés des ports afin d'assurer une préparation constante ; et renforcer les capacités offensives navales vers la terre pour détruire les sources de menace avant leur exécution, comme le fait Israël contre les sites de lancement houthis.

Partenariats et alliances

Le rapport explique que la coopération maritime entre les États-Unis et Israël à travers des exercices comme « Intrinsic Defender » et « Noble Dina » se concentre sur la lutte contre les drones, l'interception navale et l'intégration tactique en Méditerranée, avec la participation de pays européens tels que la Grèce, Chypre, l'Italie et la France, ainsi qu'une coopération avec l'Égypte pour stopper la contrebande d'armes vers Gaza malgré les complexités politiques.

Ces modèles de coopération trilatérale et multilatérale peuvent servir de modèles pour établir des réseaux de sécurité résilients au Moyen-Orient et dans les océans Indien et Pacifique afin de faire face aux adversaires des États-Unis, principalement la Chine.

« Laboratoire d'innovation » militaire

Le rapport considère la marine israélienne comme un laboratoire d'innovation militaire grâce à son adaptation rapide et à la maintenance disciplinée de son équipement, ce qui lui a permis de prolonger la durée de vie de ses navires et d'augmenter leur efficacité opérationnelle.

Cette expérience représente une leçon importante pour la marine américaine, confrontée à des charges de déploiement mondiales et à des contraintes budgétaires.

Le journal conclut que l'attaque du 7 octobre a prouvé que les surprises navales ne sont pas des scénarios théoriques mais des menaces réelles pouvant survenir en mer Rouge, dans le Golfe ou en mer de Chine méridionale, avec des adversaires apprenant à exploiter les failles via des armes à faible coût et des tactiques non conventionnelles.

Il souligne que la dissuasion efficace aujourd'hui nécessite des défenses proactives, flexibles et intégrées en partenariat avec des alliés comme Israël, notant que l'expérience de Tel Aviv dans la transformation d'une force côtière défensive en une force navale proactive constitue un modèle dont les États-Unis peuvent s'inspirer.