Le Premier ministre français démissionnaire, Sébastien Lecornu, a déclaré que le président Emmanuel Macron pourra probablement nommer un nouveau Premier ministre dans les 48 heures, précisant que sa mission gouvernementale a pris fin mercredi soir. Pendant ce temps, la dirigeante de l'extrême droite, Marine Le Pen, a menacé de renverser tout Premier ministre nommé par Macron à moins que de nouvelles élections ne soient convoquées.

Lecornu a expliqué dans des déclarations à la presse que la majorité à l'Assemblée nationale refuse de dissoudre le parlement, considérant cette possibilité comme "de plus en plus éloignée".

Il a ajouté : "J'ai informé le président Macron que la dissolution du parlement est devenue difficile, et il est probable que nous ayons un nouveau Premier ministre dans deux jours."

Lecornu a souligné que la prochaine étape nécessite la nomination rapide d'un nouveau gouvernement pour éviter tout vide politique, confirmant qu'il continuera à soutenir une transition en douceur du pouvoir vers la nouvelle direction.

Hier, Lecornu a tenu une dernière série de négociations avec divers partis dans une tentative de sortir de la crise politique qui secoue le pays.

Il a déclaré avoir perçu une "volonté" chez certains partis d'aboutir à un accord sur l'adoption du budget avant la fin de l'année, ce qui pourrait contribuer à "éviter" de nouvelles élections législatives.

Les demandes du Parti socialiste portent sur la suspension de la réforme des retraites, la mesure la plus marquante du second mandat de Macron, qui a fait l'objet de vives critiques de la gauche et des syndicats. De son côté, la ministre démissionnaire et ancienne Première ministre Élisabeth Borne a évoqué la possibilité de faire cette concession "si c'est une condition pour la stabilité" en France, tandis que le chef du Parti socialiste Olivier Faure a exprimé sa déception de ne pas avoir reçu de garanties concrètes, avertissant que cela pourrait n'être qu'une "fumisterie".

Le bureau de l'Assemblée nationale a rejeté une proposition de destitution de Macron présentée par le mouvement La France Insoumise lors de la réunion de ses membres mercredi.

En revanche, la dirigeante de l'extrême droite Marine Le Pen a averti que son parti, le Rassemblement national, entraverait la formation de tout nouveau gouvernement et a appelé Macron à "dissoudre l'Assemblée nationale ou à démissionner."

Le Pen a déclaré : "Nous ne donnerons pas notre confiance à un gouvernement. Assez, cette plaisanterie a trop duré." La direction de la gauche radicale a également laissé entendre qu'elle ne donnerait pas sa confiance à un gouvernement poursuivant les politiques de Macron, tandis que les partis Les Républicains et Horizons ont insisté pour rejeter toute suspension de la réforme des retraites, la considérant comme une "ligne rouge."

Le programme de consultations mené par Lecornu comprenait des réunions avec les communistes et les écologistes. Des sources proches de la présidence ont indiqué que Macron "assumera ses responsabilités" en cas d'échec des négociations, dans un parlement divisé en trois principaux blocs : gauche, centre-droit et extrême droite, sans majorité claire.

La pression sur le président s'est intensifiée avec le recul du soutien de certaines de ses figures politiques les plus proches, dont l'ancien Premier ministre Édouard Philippe, qui a appelé Macron à démissionner de manière "organisée" et "honorable" après l'adoption du budget dans quelques mois.

Un sondage réalisé par Odoxa-Backbone a montré que 57 % des Français tiennent le président "entièrement responsable" de la démission de son Premier ministre, tandis que 70 % soutiennent l'idée de sa démission, reflétant l'ampleur du mécontentement populaire face à la crise actuelle.