Le 26 octobre 1971 a marqué un tournant dans l'histoire de l'Église copte orthodoxe lorsque trois candidats ont été sélectionnés pour occuper le trône papal après le décès du pape Cyrille VI. Parmi eux se trouvait Nazeer Gayed Raphael, plus tard connu sous le nom de pape Chénouda III, distingué par son expertise théologique, devenant l'une des figures spirituelles et nationales les plus éminentes d'Égypte au XXe siècle.

Le dimanche 31 octobre 1971, le pape Chénouda III a subi la sélection finale pour le trône papal par tirage au sort ecclésiastique, un rite unique suivi par l'Église copte pour garantir le choix d'un leader saint, juste et engagé envers les principes de l'Église. Sa désignation l'a consacré à diriger une vaste congrégation ainsi que des institutions religieuses et éducatives nécessitant sagesse et clairvoyance. Ce jour a marqué le début d'une nouvelle ère dans l'histoire de l'Église copte, où le choix n'était pas simplement une fonction, mais une grande responsabilité envers son peuple et son pays.

Le pape Chénouda III est né le 3 août 1923 dans le village de Salam dans le gouvernorat d'Assiout. Il a commencé son éducation dans plusieurs villes, dont Damanhour, Alexandrie, Assiout et Banha, avant de terminer ses études secondaires à l'école secondaire Al-Iman sur l'île Badran à Shubra, au Caire. Dès le début, il s'est distingué par son amour du savoir et de l'éducation, commençant son service dans les écoles d'éducation ecclésiastique en 1939. Il a poursuivi ses études universitaires à la Faculté des Lettres de l'Université Fouad Ier, obtenant une licence en histoire avant de rejoindre le Collège clérical dont il est diplômé en 1949, établissant ainsi un long parcours dans l'enseignement et le service ecclésiastique.

Depuis sa prise d'habit monastique en 1954, la vie monastique du pape Chénouda III a été marquée par le mysticisme et la recherche scientifique. Il est devenu bibliothécaire du monastère syrien et a commencé une vie d'ermitage en 1956. Après son ordination comme prêtre en 1958, puis comme évêque de l'éducation en 1962, il a fondé plusieurs projets éducatifs et spirituels, notamment les écoles du dimanche et le magazine Al-Keraza, marquant ses véritables débuts dans l'administration ecclésiastique et la direction pastorale.

Sa désignation au trône papal n'était pas seulement une étape historique, mais le début d'un règne de 40 ans, 4 mois et 4 jours, durant lequel l'Église copte a connu une modernisation et une expansion dans l'éducation et le service, la création d'institutions culturelles et scientifiques, le lancement de chaînes satellitaires et la fondation de nouvelles diocèses en Égypte et à l'étranger. Il a également joué un rôle national distingué, soutenant les causes de la nation et de la Oumma, et participant aux efforts de paix et œcuméniques à l'échelle internationale.

Le parcours du pape Chénouda III parmi les trois candidats jusqu'à sa désignation par tirage au sort ecclésiastique représente un exemple vivant de l'engagement de l'Église envers les traditions spirituelles et la justice divine dans le choix de ses dirigeants, affirmant que le leadership n'est pas simplement une fonction, mais un service continu à l'Église et au pays.