Dans le contexte des protestations qui ont touché plusieurs villes marocaines en raison de la dégradation des services dans les hôpitaux et centres de santé publics, le parti Front des Forces Démocratiques a appelé à un "débat national global sur la santé". Le parti considère qu'il existe une "étrange paradoxe" dans la réalité du secteur, où les expressions de protestation augmentent alors que l'État s'engage dans de grands chantiers tels que la généralisation de la couverture santé et la restructuration du système.

Mustafa Bennali, secrétaire général du parti, a expliqué qu'il existe des orientations stratégiques de l'État, notamment dans l'établissement de la protection sociale et la généralisation de la couverture santé sous la conduite du roi Mohammed VI, mais les citoyens souffrent de la faiblesse et de la fragilité des services de santé ainsi que du manque de personnel sanitaire.

Bennali a souligné que le Maroc n'a connu que deux débats nationaux sur la santé : le premier en 1959 après l'indépendance, qui a posé les bases d'un système de santé national, et le second à Marrakech du 1er au 3 juillet 2013 sous le slogan "Pour une nouvelle gouvernance du secteur de la santé". Il a insisté sur le fait que plus de douze ans après ce dernier, un bilan indépendant et une mise à jour des priorités sont nécessaires.

Le parti a également souligné la nécessité de réduire les disparités régionales dans l'accès et la qualité des services, ce qui nécessite une charte d'engagements territoriaux avec des indicateurs de performance mesurables et une reddition de comptes. Bennali a fait référence au discours royal à l'occasion de la fête du Trône qui a souligné un Maroc à deux vitesses dans tous les secteurs, y compris la santé, avec trois régions qui monopolisent presque toutes les ressources disponibles du secteur.

Le secrétaire général a ajouté que plusieurs sujets dans le secteur de la santé nécessitent ce débat national, notamment la nécessité d'adapter la nouvelle gouvernance aux acteurs et institutions nouvellement créés, avec une définition claire des compétences et une coordination interinstitutionnelle au niveau national et régional.

En outre, le parti inclut parmi les raisons soutenant un troisième débat national sur la santé : une sécurité sanitaire nationale renforcée après les leçons de la pandémie, y compris l'alerte précoce, la préparation, le stockage stratégique et les chaînes d'approvisionnement ; la souveraineté pharmaceutique et biotechnologique par la promotion de la fabrication locale, le transfert de technologie et le lien entre les politiques d'achat, la fabrication et la recherche-développement ; et la valorisation des ressources humaines via une planification proactive pour combler les lacunes, redistribuer les compétences, offrir des incitations et des parcours professionnels équitables.

Le parti politique vise également un partenariat équilibré entre les secteurs public et privé basé sur des contrats axés sur la valeur et la qualité des résultats plutôt que sur le volume d'activité, en accélérant la transformation numérique de la santé via un dossier de santé unifié, l'interopérabilité, la gouvernance des données, l'intelligence artificielle et la cybersécurité.

Le parti espère que le débat aboutira à des conclusions et recommandations concrétisées dans une vision commune pour les dix prochaines années, avec une programmation financière pluriannuelle et une feuille de route exécutive avec des indicateurs d'impact et des responsabilités définies.

Bennali a ajouté que le Maroc doit disposer d'une vision stratégique claire (une charte nationale) capable d'élever les services de santé au niveau attendu par les citoyens, d'autant plus que le secteur fait face à de grandes transformations, notamment la restructuration ; le groupe de santé territorial de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima devrait être lancé prochainement, ainsi que les efforts pour garantir un hôpital public pour toutes les classes sociales et définir les fonctions contractuelles entre tous les acteurs et secteurs intervenants.

Le responsable du parti a déclaré que depuis 2002, ils travaillent sur une charte sociale nationale de la santé qui définit la carte sanitaire, coordonne les acteurs, garantit les traitements et services de base, et assure le succès du chantier de la couverture santé avec un financement durable et une répartition équitable basée sur la solidarité entre régions et territoires.

Il a souligné que les investissements dans les infrastructures et autres secteurs au Maroc ne peuvent réussir sans investissements productifs dans le capital humain, notamment dans l'éducation et la santé, et que cette attention fait partie de la vision réaliste du parti pour les prochaines échéances électorales.