Le président américain Donald Trump a dévoilé un plan "historique" concernant Gaza, soutenu par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, mais des incertitudes subsistent quant à sa mise en œuvre.

Le plan comprend des conditions difficiles à accepter pour le Hamas, et a été critiqué par le ministre d'extrême droite israélien Bezalel Smotrich. Netanyahu semble également avoir des réserves sur certaines dispositions.

Hamas

Après l'annonce du plan en 20 points, le Hamas n'a fait aucun commentaire public, mais un responsable palestinien a confirmé que le mouvement avait commencé à l'étudier mardi, précisant que cela pourrait prendre plusieurs jours.

Le responsable a souligné la volonté du Hamas d'aboutir à un accord global pour arrêter la guerre et l'agression, garantissant un retrait israélien complet de Gaza, la fin du blocus imposé depuis 2007 et la reconstruction de la bande.

Trump a averti le Hamas mardi qu'il disposait de "trois ou quatre jours" pour répondre au plan, menaçant d'un sort sombre en cas de refus. Le plan prévoit le désarmement de Gaza, une exigence que le Hamas a toujours rejetée.

Netanyahu

Malgré son soutien au plan de paix, Netanyahu semble s'opposer à l'un de ses points principaux : un retrait complet d'Israël de Gaza. Dans une déclaration vidéo mardi, il a déclaré que l'armée "resterait dans la majeure partie de Gaza". La professeure de sciences politiques Gayelet Netelshir estime que Netanyahu "parle avec deux voix" — l'une au monde et l'autre à sa base de droite.

Netanyahu a laissé la porte ouverte à des opérations militaires si le Hamas rejette le plan, affirmant que si le Hamas refuse ou l'accepte superficiellement tout en s'y opposant, Israël accomplira la mission lui-même.

Extrême droite israélienne

Le gouvernement de Netanyahu, l'un des plus à droite de l'histoire d'Israël, s'appuie sur le soutien de ministres d'extrême droite qui refusent catégoriquement de mettre fin à la guerre sans la défaite du Hamas.

Le ministre des Finances d'extrême droite Bezalel Smotrich a critiqué le plan mardi, le qualifiant d'"échec diplomatique retentissant".

La droite espère que le Hamas dira non et que la guerre à Gaza se poursuivra. Si le Hamas dit oui, Netanyahu perdra son gouvernement.

Les ministres de droite s'opposent fermement à la future création d'un État palestinien, ce que le plan américain a laissé envisager.

Du point de vue de la droite, les actions de Netanyahu lundi équivalent à une approbation de la solution à deux États, ce qui le place dans une position difficile auprès de la droite.

Yossi Dagan, président du Conseil des colonies du nord de la Cisjordanie, considère la création d'un État palestinien comme une "ligne rouge". Il prône l'application de la souveraineté israélienne sur les colonies et les terres.

Netanyahu a réitéré mardi son opposition à la création d'un État palestinien, affirmant que cela ne faisait pas partie du plan de paix de Trump.