<p Beyrouth (Liban) (AFP) - Le ministre syrien des Affaires étrangères, Assad Al-Sheibani, a entamé vendredi une visite à Beyrouth, la première d'un responsable officiel depuis la chute du régime du président Bachar al-Assad en décembre 2024, les deux pays affirmant leur volonté d'ouvrir un nouveau chapitre dans leurs relations.

Al-Sheibani a déclaré aux journalistes après sa rencontre avec son homologue libanais Joseph Rijii que cette visite, qu'il a qualifiée d'"historique", "exprime la nouvelle orientation de la Syrie envers le Liban".

Il a confirmé que les autorités syriennes actuelles "respectent la souveraineté du Liban" et le principe de "non-ingérence dans ses affaires internes".

Durant le règne d'Assad, la Syrie a exercé une tutelle politique sur le Liban pendant trois décennies, et a été à plusieurs reprises accusée d'assassinats de responsables libanais et de contrôle des décisions libanaises en présence de ses forces militaires.

Al-Sheibani a ajouté : "Nous voulons dépasser avec le Liban les obstacles du passé".

Al-Sheibani est accompagné d'une délégation comprenant le ministre de la Justice Mazhar Al-Wais. Parmi les principaux sujets abordés figurent la question des prisonniers syriens au Liban, que Damas réclame à être rapatriés.

Un responsable judiciaire a déclaré à l'AFP qu'environ "2 250 Syriens sont détenus dans les prisons libanaises, représentant environ un tiers du total des détenus", ajoutant qu'environ "700 remplissent les conditions pour une extradition, mais cela nécessite un nouvel accord entre les deux pays".

Parmi les prisonniers syriens au Liban, des centaines sont détenus pour des accusations de "terrorisme" et d'appartenance à des groupes djihadistes et factions armées, renvoyés devant la cour militaire. D'autres sont accusés d'attaques contre l'armée libanaise dans des zones frontalières au plus fort du conflit syrien sanglant qui a éclaté après la répression par les autorités des manifestations populaires anti-gouvernementales en 2011.

Les deux parties discutent également de la délimitation de la frontière de 330 kilomètres qui les sépare et de la lutte contre la contrebande à travers celle-ci.

Après la chute de Bachar al-Assad, les routes d'approvisionnement du Hezbollah, fidèle à l'Iran et allié des anciennes autorités syriennes, ont été coupées, et les tentatives de contrebande d'armes vers le Liban ont été déjouées, selon les autorités syriennes.

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a visité la Syrie en avril et a rencontré le nouveau président syrien Ahmad Al-Shara, qui a promis que Damas n'exercerait plus "d'influence négative" sur le Liban.

Le Liban compte environ 1,3 million de réfugiés syriens, la plupart ayant fui la Syrie après la guerre civile.

Les Nations Unies ont indiqué qu'environ 294 000 réfugiés syriens sont retournés dans leur pays depuis la chute d'Assad.