Après seize mois de crise politique, les charges pesant sur la France augmentent, compliquant sa situation financière déjà fragile. Les taux d'investissement et la confiance des marchés ont diminué, les taux d'intérêt ont augmenté, ainsi que les coûts élevés des élections.
L'économie française continue de souffrir des répercussions de la décision du président Emmanuel Macron de dissoudre l'Assemblée nationale en juin 2024, aggravée par la démission du Premier ministre Sébastien Lecornu lundi.
L'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) prévoit une croissance de seulement 0,8 % cette année, affectée par la réticence des entreprises et des ménages à investir, l'augmentation du taux d'épargne, ainsi que l'impact du ralentissement économique sur l'emploi.
Selon l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), qui a évalué l'impact de l'incertitude ambiante, la crise politique coûtera l'équivalent de 0,5 point de pourcentage de croissance, soit 15 milliards d'euros, d'ici la fin 2025.
Dans une interview à l'AFP, l'économiste de l'OFCE Éric Heyer déclare : « Dans un état d'incertitude, les entreprises gèlent tout, qu'il s'agisse d'investissement ou d'embauche, et l'épargne des ménages augmente », ce qui nuit à la croissance.
L'économiste met en garde contre une interprétation trop hâtive de cette estimation, en raison de la difficulté d'évaluer précisément une crise multifacette dans un contexte mondial sombre.
Fin janvier, le ministère de l'Économie a indiqué que le coût de la motion de censure contre le gouvernement de Michel Barnier et de « l'instabilité qu'elle a générée » était estimé à 12 milliards d'euros, un chiffre alors rejeté par l'opposition.
Des experts d'Allianz Trade ont estimé que le coût de la dissolution de l'Assemblée nationale à lui seul s'élevait à 4 milliards d'euros, répartis entre une perte de 2,9 milliards d'euros de recettes fiscales due à un recul de la croissance de 0,2 point et environ 1 milliard d'euros d'augmentation des charges d'intérêts sur la dette française.
Les marchés financiers ont été fortement affectés par la crise politique, tant en ce qui concerne les actions en bourse que les taux d'intérêt.
Le principal canal de propagation de la crise est la hausse des taux d'emprunt français à dix ans, visible à travers l'écart des taux d'intérêt avec l'Allemagne, appelé « spread ». Cet écart a augmenté d'environ 0,3 à 0,4 point par rapport à la période précédant la dissolution de l'Assemblée nationale.
Si la hausse des taux d'intérêt français n'est pas une bonne nouvelle pour les finances publiques, l'emprunt du pays ces dernières années à des taux historiquement bas atténue son impact.
Éric Dour, directeur des études économiques à l'école de gestion EOSOGE, déclare : « La situation n'est pas dramatique, ce n'est pas la Grèce, mais cela compliquera les efforts budgétaires. »
Éloigné du risque d'une crise financière aiguë, le principal souci réside dans la détérioration progressive et chronique des finances publiques, la dette publique ayant atteint un record de plus de 3,4 trillions d'euros, ainsi que le risque de dégradation de la note de crédit par les agences après la décision de Fitch en septembre, attribuée à l'instabilité politique, ce qui pourrait augmenter le coût de la dette.
À la Bourse, l'indice CAC 40, qui regroupe les 40 plus grandes entreprises du pays, a augmenté d'environ 8 % depuis le début de l'année, contre des hausses comprises entre 15 % et 25 % dans les principaux centres financiers européens.
Éric Heyer a déclaré : « Cela signifie pour les entreprises une baisse de leur capacité d'investissement », affaiblissant leur position dans la concurrence internationale.
L'organisation du processus électoral, de la tenue des élections au remboursement des frais des candidats et à l'augmentation des allocations financières des anciens ministres, entraîne des coûts élevés, surtout en cas d'élections fréquentes, bien que ces dépenses restent relativement faibles comparées à d'autres coûts.
Charles de Courson, ancien rapporteur général du budget, a indiqué dans un rapport parlementaire daté de novembre 2024 que le coût de l'organisation des élections législatives après la dissolution de l'Assemblée nationale s'élevait à environ 200 millions d'euros.
Lorsque Sébastien Lecornu a démissionné lundi, de nombreux messages sur les réseaux sociaux ont critiqué les privilèges accordés à cinq nouveaux députés ayant rejoint le gouvernement, n'ayant occupé leurs postes que quelques heures, ce qui pourrait leur valoir des allocations pendant trois mois.
Cependant, un article de la loi électorale exclut cette possibilité. Les anciens députés continueront à percevoir leurs allocations parlementaires, mais pas la prime ministérielle.
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