Bruxelles, 09 octobre 2025 (WAL) - Les États membres de l'Union européenne ont une fois de plus échoué à parvenir à un consensus sur une proposition législative controversée connue dans les médias sous le nom de « contrôle des discussions », visant à lutter contre la diffusion de la pornographie infantile en ligne.

La proposition de compromis présentée par la présidence danoise du Conseil de l'Union européenne n'a pas reçu le soutien suffisant des États membres, ce qui a empêché sa mise au vote lors de la prochaine réunion des ministres de l'Intérieur de l'UE.

Malgré cet échec, le dossier n'est pas définitivement clos, car la possibilité demeure pour le Danemark ou toute présidence future du Conseil européen de présenter une version modifiée de la proposition, maintenant ainsi le débat ouvert dans les cercles politiques européens.

Les ambassadeurs de l'UE ont tenu une réunion mercredi soir dernier pour discuter du projet de loi, proposé par la Commission européenne il y a trois ans. Il obligerait les services de messagerie chiffrée tels que WhatsApp et Signal à analyser les messages privés, y compris les images, vidéos et liens, afin de détecter un contenu potentiellement lié à l'exploitation sexuelle des enfants.

La proposition a suscité de vives critiques, les défenseurs de la vie privée avertissant qu'elle pourrait ouvrir la voie à une surveillance de masse généralisée, tandis que plusieurs fournisseurs de services de communication numérique ont fermement rejeté le projet. Par exemple, le service de messagerie chiffrée Signal a menacé de se retirer du marché européen si la loi était adoptée dans sa forme actuelle.

Tandis que certains gouvernements insistent sur la nécessité de protéger les enfants dans l'espace numérique, d'autres soulignent que la préservation de la vie privée des utilisateurs est tout aussi importante, rendant extrêmement complexe la réalisation d'un équilibre législatif acceptable.