L’économie jordanienne en 2025 traverse une phase délicate où les défis internes se mêlent aux pressions régionales et internationales, plaçant les décideurs devant un test difficile pour équilibrer la stabilité financière et répondre aux demandes sociales. Malgré des indicateurs montrant la capacité de la Jordanie à maintenir une stabilité relative dans la politique monétaire et le taux de change du dinar, l’économie fait toujours face à des dilemmes structurels nécessitant des solutions profondes dépassant les mesures traditionnelles.

Les données du Fonds monétaire international et des rapports officiels indiquent que le taux de croissance économique de la Jordanie en 2025 se situe entre 2,5 % et 3 %, un taux modeste par rapport aux besoins du pays pour absorber la croissance démographique et offrir des opportunités d’emploi. Bien que cette croissance reflète la résilience de l’économie dans un environnement régional instable, elle est insuffisante pour changer la réalité chronique du chômage, qui demeure l’un des défis sociaux et économiques majeurs.

De plus, la dette publique reste un lourd fardeau pour les finances publiques. Selon le rapport du ministère des Finances pour le premier trimestre 2025, le ratio dette publique/PIB a atteint environ 91,5 %, tandis que la dette publique générale représente environ 80 % du PIB. Ces chiffres reflètent des pressions continues sur le trésor et limitent la capacité du gouvernement à étendre les dépenses d’investissement. Malgré les efforts pour augmenter les recettes fiscales, l’expansion de l’économie informelle et la faiblesse de la base productive posent toujours des contraintes structurelles.

Cependant, malgré ces défis, la Jordanie a réalisé des succès notables. La Banque centrale a réussi à maintenir la stabilité du dinar et à renforcer la confiance dans le secteur bancaire, offrant un environnement financier sûr aux investisseurs. L’aide internationale et les subventions, notamment des pays du Golfe, des États-Unis et de l’Union européenne, ont joué un rôle clé pour alléger les pressions budgétaires et soutenir les programmes de protection sociale.

De plus, des avancées importantes ont été réalisées dans les domaines de la transformation numérique et des énergies renouvelables. Les investissements dans l’énergie solaire et éolienne se sont étendus pour réduire la dépendance aux combustibles importés, tandis que des signes de partenariats entre les secteurs public et privé sont apparus dans la logistique, le tourisme et les industries légères, des secteurs capables de stimuler la croissance s’ils sont soutenus par des politiques claires et des incitations attractives.

Cependant, la question demeure : comment transformer ces succès partiels en une voie de développement globale ? La réponse réside dans l’adoption d’une vision économique plus audacieuse, basée sur l’élargissement de la base de production, l’orientation des investissements vers des secteurs à forte valeur ajoutée tels que la technologie et la transformation industrielle, ainsi que la restructuration du système éducatif pour l’adapter aux besoins du marché du travail. Le renforcement de la transparence et de la bonne gouvernance est également essentiel pour accroître la confiance des investisseurs et réduire les coûts du gaspillage.

La Jordanie, à la croisée des chemins en 2025, a besoin d’un mélange de discipline financière et de politiques incitatives audacieuses qui équilibrent stabilité et investissement dans l’avenir. Ce qui est encourageant, c’est que la direction hachémite, sous la vision de Sa Majesté le roi Abdallah II, place le développement économique comme une priorité nationale, affirmant que le bien-être des citoyens et la prospérité du pays sont la véritable boussole des décisions. Sa Majesté a placé le citoyen jordanien au cœur des préoccupations et des politiques, reflétant une sagesse et une vision politique solides qui donnent à la Jordanie la capacité de transformer les défis en opportunités et de tracer une voie vers une économie plus dynamique et plus forte dans un environnement régional turbulent.