Depuis la Nakba palestinienne de 1948, le projet colonial sioniste n’a cessé de tenter de vider la terre de ses habitants par diverses politiques allant du déplacement forcé direct aux pressions économiques et sociales qui poussent les populations à quitter leurs foyers. Aujourd’hui, cette politique se renouvelle avec plus de violence et de sang à Gaza, où les observateurs notent que l’occupation ne se limite pas à tuer et détruire, mais vise plus loin : briser la volonté de résistance et ouvrir la voie à un déplacement massif vers le Sinaï, répétant tragiquement ce qui s’est passé lors de la Nakba et de la Naksa.
Les analystes politiques confirment que ce projet, révélé par des déclarations publiques de ministres du gouvernement d’occupation et des mémorandums stratégiques divulgués, repose sur l’idée que Gaza ne peut être maîtrisée que si elle est vidée de ses habitants ou au moins si des centaines de milliers d’entre eux sont poussés à fuir au-delà des frontières de la Palestine. Ce qui complique davantage la situation, c’est la position égyptienne, qui semble prise entre les considérations de sécurité nationale, les pressions internationales et israéliennes, et un rejet populaire massif de tout projet qui transformerait le Sinaï en alternative géographique pour les Palestiniens.
Les défenseurs des droits humains considèrent que ce qui se passe n’est pas simplement un déplacement interne dû à la guerre, mais un crime de nettoyage ethnique décrit par le droit international, car la quatrième Convention de Genève interdit explicitement le transfert forcé des populations civiles de leurs territoires occupés, que ce soit directement ou indirectement. Dans ce contexte, l’expert juridique Dr Anis Al-Qasem souligne que la politique actuelle de l’occupation ressemble littéralement aux crimes de déplacement commis par des régimes coloniaux précédents, et que le silence international ou la simple condamnation équivaut à une complicité.
L’analyste politique Dr Azmi Bishara considère que tous les indicateurs confirment l’existence d’un plan israélien calculé pour créer une “nouvelle catastrophe des réfugiés” plus tragique que la Nakba de 48, mais il ajoute que la résistance des habitants de Gaza et leur détermination à rester dans leurs maisons détruites constituent un cauchemar pour l’occupation, qui mise davantage sur la rupture psychologique que sur les balles.
Le rôle égyptien reste un nœud clé dans cette équation, car Le Caire sait que tout accord pour déplacer les Palestiniens vers le Sinaï signifierait un coup dur pour la sécurité nationale égyptienne et ouvrirait la porte au démantèlement de l’identité nationale palestinienne. Pourtant, il fait face à d’énormes pressions américaines et israéliennes, avec des rapports faisant état d’offres économiques massives et de promesses d’exemptions financières en échange de l’acceptation d’accueillir une partie de la population de Gaza dans des zones du Sinaï. Néanmoins, la direction égyptienne rejette officiellement cette proposition et déclare à chaque occasion que la question palestinienne ne peut être résolue que sur le sol palestinien, ce qui reflète une profonde prise de conscience du danger de transformer le Sinaï en “patrie alternative”.
Cependant, le flou demeure quant à la capacité du Caire à résister au chantage politique et économique, surtout avec les discussions répétées sur des corridors humanitaires temporaires qui pourraient devenir permanents.
L’analyste égyptien Emad Gad estime que l’État égyptien comprend parfaitement la gravité de ce jeu, car le Sinaï n’est pas un simple désert vide mais une zone stratégique très sensible, et tout changement démographique y ouvrira les portes de l’enfer pour l’Égypte, portes qu’elle ne pourra refermer. Pendant ce temps, le chercheur palestinien Saleh Abdel Jawad souligne que l’objectif de cette politique israélienne n’est pas seulement de vider Gaza, mais de frapper le cœur du projet national palestinien en détruisant le lien organique entre la terre et le peuple, lien qui constitue l’essence de l’identité palestinienne.
En fin de compte, la politique de déplacement reste le défi le plus dangereux auquel les Palestiniens sont confrontés aujourd’hui, non seulement parce qu’elle menace leur existence physique, mais parce qu’elle vise à déraciner leur mémoire et à effacer leur identité historique. Quant à la position égyptienne, malgré sa clarté publique, elle reste un sujet d’attente et de vigilance, car elle seule peut briser l’équation de la “patrie alternative” rêvée par l’occupation. Au milieu de ce paysage, la résistance des Palestiniens sur leur terre et le refus du Caire de céder le Sinaï sont les deux principaux remparts contre le projet sioniste, qui n’a jamais connu que la logique de la force et de l’exclusion.
Entre le sang de Gaza et le silence du monde, la bataille pour la survie et l’identité se renouvelle, écrivant un nouveau chapitre dans l’épopée du conflit existentiel qui ne connaît pas de solutions à moitié.
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