La crise en Ukraine s’intensifie alors que les forces russes progressent rapidement sur plusieurs fronts, tandis que le président américain Donald Trump montre des signes de retrait du soutien à Kyiv, accusant les Européens de prolonger la guerre.

Ces développements coïncident avec un choc intérieur en Ukraine : l’assassinat de l’ancien président du parlement ukrainien Andriy Parubiy, ajoutant une dimension sécuritaire et politique grave au conflit.

Dans ce contexte, l’ancien diplomate ukrainien Volodymyr Shumakov propose une analyse aiguë de la trajectoire de la guerre, affirmant que Moscou ne cherche ni cessez-le-feu ni règlement, et que la guerre pourrait durer en raison des divisions occidentales persistantes et du recul du soutien direct américain.

Avancée russe : le contrôle sur le terrain se rapproche

L’état-major général russe a annoncé que les forces russes sont proches du contrôle total de la région de Louhansk, avec moins de 60 kilomètres carrés restant à contrôler, tandis que Moscou déclare que son influence s’étend désormais sur 79 % du territoire de Donetsk.

Le commandant de l’armée russe, Valery Gerasimov, a confirmé que les opérations militaires se poursuivent à un rythme élevé le long de la ligne de front, en se concentrant sur l’établissement de zones tampons à Soumy et Kharkiv pour sécuriser les frontières et empêcher toute contre-attaque.

Cette stratégie reflète le désir de Moscou d’étendre son contrôle et d’imposer des faits sur le terrain avant toute éventuelle négociation.

En revanche, les observateurs ukrainiens estiment que cette avancée comporte des conséquences potentiellement catastrophiques pour les civils, avec des informations faisant état de possibles génocides et crimes de guerre dans les zones occupées, y compris des brûlures de livres et l’effacement de l’identité culturelle ukrainienne.

Kyiv entre pression économique et isolement politique

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a appelé à imposer des sanctions à la Russie dans les secteurs de l’énergie et des banques, considérés comme les principales sources de financement de la guerre, insistant sur la nécessité que les alliés économiques fassent pression sur Moscou pour arrêter ses attaques.

Cependant, la réalité reflète un impact limité, car l’Ukraine fait face à un soutien occidental inégal : l’Union européenne est incapable de couvrir tous les besoins militaires et financiers, tandis que les États-Unis oscillent entre pression sur les Européens et hésitation claire à s’engager pleinement, notamment de la part de Trump, qui exprime son mécontentement face à l’imposition de sanctions strictes à la Russie.

Assassinat de Parubiy : choc sécuritaire et politique

La ville de Lviv a été le théâtre de l’assassinat de l’ancien président du parlement ukrainien Andriy Parubiy, qualifié par les autorités d’« acte terroriste » visant les symboles du nationalisme ukrainien.

Le président Zelensky a annoncé une enquête approfondie nommée « Sifflet d’alarme » pour retrouver le meurtrier, signe du sérieux du gouvernement dans la gestion du crime, mais reflétant aussi la fragilité de la sécurité intérieure en temps de guerre.

Cet incident s’ajoute aux pressions psychologiques et politiques sur Kyiv, qui cherche à faire face à l’avancée russe tout en maintenant sa cohésion interne, rendant la sécurité personnelle des dirigeants à la fois symbolique et stratégique.

Trump et l’Europe : refroidissement du soutien occidental

Des rapports médiatiques, notamment du site Axios, indiquent que Trump est déçu par le cours de la guerre en Ukraine et envisage sérieusement de se retirer des efforts de résolution, accusant les Européens de ne pas imposer les sanctions nécessaires à Moscou.

Cette position place l’OTAN devant un grand défi : la Maison Blanche fait pression sur les Européens pour imposer des sanctions strictes, tandis que l’Europe montre de réelles divisions sur l’avenir du soutien militaire et économique à l’Ukraine, compliquant la coordination euro-américaine.

Guerre longue sans clés de résolution

Dans une analyse complète de la situation, l’ancien diplomate ukrainien Volodymyr Shumakov a déclaré au programme Al Tasi’a de Sky News Arabia :

Shumakov explique que la durée de la guerre est liée à l’absence de garanties de sécurité réelles pour l’Ukraine, ainsi qu’à la faiblesse de l’unité européenne et à l’hésitation américaine, notamment concernant la protection de l’intégrité territoriale de l’Ukraine selon des accords internationaux antérieurs.

Prétexte de l’OTAN : analyse historique

Shumakov a confirmé que l’expansion de l’OTAN n’était pas la vraie cause de l’invasion de l’Ukraine, notant que l’Ukraine n’était pas candidate à l’adhésion en 2014.

Il a ajouté que la Russie a exploité cette réalité comme prétexte pour occuper la Crimée et des parties du Donbass, et que le changement de doctrine ukrainienne vers l’adhésion à l’OTAN est survenu plus tard en 2019 en réponse à la « trahison russe » et aux menaces contre la sécurité de l’État ukrainien.

Il a expliqué que l’expansion russe repose sur de vieilles ambitions coloniales, et que l’invasion actuelle n’est pas un incident isolé, mais une extension de politiques historiques visant à effacer l’identité ukrainienne et à retrouver l’influence sur l’ensemble du territoire.

Conditions de Moscou… reddition inacceptable

Shumakov a déclaré que toute condition russe imposée à l’Ukraine signifierait une reddition inacceptable menant à un génocide et à la destruction de l’identité nationale, y compris la brûlure de livres et l’effacement culturel, et que toute acceptation entraînerait l’effacement de l’Ukraine en tant qu’État.

Il a souligné que la résistance actuelle n’est pas un choix mais une nécessité existentielle, et que la résistance nationale est la seule voie pour préserver l’État. Ces faits rendent toute négociation de paix globale difficile pour le moment, surtout avec l’avancée militaire russe imposant de nouvelles réalités sur le terrain.

L’Europe mise à l’épreuve de l’unité

Malgré un fort soutien de certains pays européens, notamment d’Europe de l’Est, l’Union européenne souffre de divisions réelles :

    • Question de l’adhésion à l’UE : un large différend.
    • Adhésion de l’Ukraine à l’OTAN : toujours controversée.
    • Engagements sécuritaires : notamment le mémorandum de Budapest, qui garantissait la protection de l’Ukraine en échange de sa dénucléarisation, mais qui n’a pas été pleinement appliqué.

Shumakov a souligné que l’Ukraine a renoncé au troisième plus grand arsenal nucléaire mondial, mais n’a pas obtenu de garanties efficaces, la laissant seule face à la Russie avec une menace nucléaire directe de l’autre côté.

Guerre d’usure à long terme

Selon l’analyse de Shumakov, la guerre se dirige vers une bataille d’usure longue. La Russie possède la deuxième armée la plus puissante au monde et le plus grand arsenal nucléaire, tandis que l’Ukraine dépend d’un soutien occidental limité et incertain, sous une menace directe à son identité et sa souveraineté.

Une résolution rapide est improbable à ce stade, surtout avec les divisions européennes, l’hésitation américaine et les avancées russes imposant de nouvelles réalités sur le terrain, tandis que Kyiv lutte pour maintenir sa cohésion interne et la sécurité de ses dirigeants.

La guerre en Ukraine entre dans une phase critique : Moscou approche du contrôle du Donbass et étend ses zones tampons, tandis que Kyiv fait face à de fortes pressions militaires et politiques. L’assassinat de Parubiy a porté un coup au moral alors que certaines puissances occidentales se retirent de leurs engagements et que Trump montre un refroidissement du soutien à Kyiv.

Les déclarations de Shumakov résument la réalité tragique : Moscou ne veut pas la paix et dispose des capacités économiques et militaires pour poursuivre la guerre, tandis que l’Occident est divisé et que l’Ukraine lutte pour sa survie. Dans ce scénario, la guerre semble longue sans clés de résolution proches, avec des menaces directes à l’identité et à la souveraineté ukrainiennes.

La Russie mise sur le temps, les armes et la capacité économique pour imposer des faits sur le terrain, tandis que l’Ukraine mise sur la résistance et un soutien occidental limité, face à des scénarios terrifiants qui pourraient redessiner complètement la carte régionale.