Le Dr Adel Al-Balbeisi, directeur du Centre national de lutte contre les épidémies et les maladies transmissibles, a confirmé que la Jordanie reste à l’abri du choléra grâce à une surveillance continue et des mesures préventives strictes.

Il a déclaré au journal Al-Rai que le Royaume n’a enregistré aucun cas de choléra depuis 1982, malgré des épidémies dans plusieurs pays voisins.

Al-Balbeisi a expliqué que le système de santé jordanien repose sur des tests quotidiens et une surveillance précise en laboratoire pour détecter le choléra de manière proactive, analysant 15 à 20 % des cas de diarrhée dans les centres de santé afin d’identifier les premiers signes de la maladie.

Il a souligné que la situation en Jordanie diffère de celle d’autres pays, car le choléra se transmet par l’eau contaminée par des matières fécales, mais plus de 99 % de la population reçoit de l’eau potable via un réseau officiel sûr. De plus, l’infrastructure sanitaire est bonne et le niveau d’hygiène publique est élevé, autant de facteurs qui réduisent les risques de propagation de la maladie.

Al-Balbeisi a ajouté que les laboratoires agréés du Royaume analysent des centaines d’échantillons chaque semaine dans le cadre des protocoles de surveillance, notant que la semaine dernière seulement, plus de 300 échantillons ont été testés pour le choléra.

Il a mis en avant la coordination continue entre le ministère de la Santé, le Centre des épidémies et l’Organisation mondiale de la santé pour suivre la situation épidémiologique régionale et prendre les mesures appropriées si nécessaire.

Concernant les recommandations aux citoyens, il a insisté sur l’importance de l’hygiène personnelle et publique et d’éviter l’eau non sécurisée ou contaminée, surtout en été, période où le risque de maladies infectieuses augmente.

Al-Balbeisi a expliqué que le système de surveillance préventive en Jordanie est l’un des plus solides de la région et constitue le principal facteur ayant permis de maintenir un bilan propre de choléra depuis plus de quarante ans.

Un rapport de l’Organisation mondiale de la santé a indiqué une augmentation des épidémies de choléra causées par les conflits et la pauvreté dans de nombreux pays.

L’organisation a averti que les conflits, les déplacements massifs, les catastrophes naturelles et le changement climatique contribuent à la propagation du choléra, en particulier dans les zones rurales et les régions touchées par les inondations où les infrastructures sont faibles.

409 000 cas de choléra et 4 738 décès ont été enregistrés dans 31 pays entre début janvier et le 17 août de cette année, avec six pays affichant un taux de mortalité supérieur à 1 %.

L’OMS a confirmé que l’accès à l’eau potable propre, à l’assainissement et à l’hygiène reste la seule solution durable à long terme pour mettre fin à l’urgence actuelle du choléra et prévenir de futures épidémies.